L’Ennemi principal,

tome 2, Penser le genre

Collection « Nouvelles Questions Féministes« 

Christine Delphy

Après Économie politique du patriarcat, il s’agit du second tome de L’Ennemi principal. Ce recueil nous présente la suite de l’analyse matérialiste de la société, une analyse en termes de rapports sociaux et donc politiques, fondamentale pour la compréhension de toutes les oppressions, fondamentale à tout projet d’émancipation :
«J’étudie l’oppression des femmes. Mais l’oppression des femmes est spécifique non pas parce que les femmes seraient spécifiques, mais parce que c’est un type d’oppression unique. Mais est-il unique qu’une oppression soit unique ? Non, c’est banal : toutes les oppressions sont uniques, comme les individus. La singularité est ce qu’il y a de mieux partagé au monde. Ceci ne signifie pas que cette singularité soit obtenue par des mécanismes totalement originaux. Or c’est le sophisme courant : puisqu’elle (cette personne, cette oppression, cette chose) est spécifique, elle ne doit ressembler à aucune autre. Au contraire, je considère l’oppression des femmes comme un cas particulier du phénomène général de la domination – pas plus particulier qu’un autre cependant. Le but d’une lutte politique, c’est de permettre aux personnes l’exercice de la singularité. En revanche, le but d’une analyse scientifique de l’oppression, comme de tous les phénomènes, ce n’est pas de célébrer – ou de se lamenter sur – la singularité de chaque individu, que cet individu soit fleur, personne, événement historique ou mécanisme social, mais (comme je l’ai écrit dans l’Avant-propos) de le découper en morceaux (qu’il s’agisse de feuilles, de jambes, de molécules, d’institutions, de procédures, etc.), comparables aux morceaux d’autres individus (fleurs, animaux, cellules, systèmes sociaux ; toutes ces entités ainsi que les entités qui les composent sont, à un point ou à un autre de l’analyse, des individus). Sinon, chaque phénomène reste enfermé dans sa spécificité phénoménale. Pourquoi pas ? dira-t-on. Cela suffit à beaucoup de démarches, c’est peut-être indispensable à certaines, mais c’est incompatible avec l’idée d’une connaissance scientifique du monde.»

Pages : 388 pages
Format : 130×210
ISBN : 978-2-84950-19-93

Éditions Syllepse


2 commentaires sur « L’Ennemi principal, »

  1. Bonsoir!
    Je voulais d’abord vous remercier pour ce merveilleux blog, pour son contenu, surtout en ces temps. Et merci pour toutes vos contributions. J’adore pouvoir aller à Madrid pour voir le documentaire et le symposium suivant, malgré le mauvais son et la traduction, merci de clarifier quelques points de la mauvaise traduction.Comme vous le savez bien en Espagne ce merveilleux travail a été traduit à la fin des années 70 ou 80, je n’ai eu le plaisir de le voir que par un grand ami Vito.
    Je ne vais pas le flatter en disant que c’est un travail essentiel, parce que vous le savez déjà, mais comme il est très compliqué de trouver cela traduit en espagnol / espagnol Ce serait une excellente proposition qui pourrait être modifiée de nouveau afin que des millions de femmes puissent compter dessus. Je m’excuse d’avance parce que j’écris du traducteur de Google, pour toutes les erreurs possibles que je pourrais rencontrer. Je voudrais vous contacter et voir comment il pourrait être rendu réel, la réédition de ce travail en Espagne, avec beaucoup de désir d’être lu par beaucoup de femmes, je dis au revoir en attendant votre réponse.
    Un gros câlin
    Rebecca

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