Rebecca Mott : Les faux débats de l’English Collective of Prostitutes

Ce billet traite de la façon dont les lobbyistes de l’English Collective of Prostitutes (ECP) ne débattent pas réellement lorsqu’elles parlent du modèle nordique, mais se contentent de manipuler les auditoires et de diffuser de la propagande.

Je me concentrerai principalement sur la façon dont elles utilisent ces prétendus débats pour infliger une violence psychologique aux femmes sorties de la prostitution et saper leur équilibre – surtout lorsque nous osons siéger à un panel avec elles.

J’écris ceci en guise d’avertissement, et comme suggestion de façons de traiter leurs mensonges, leur propagande et leur discours insensé.

J’écris ceci pour dire que nous devrions prendre des précautions au sujet de débats avec des organisations qui permettent au génocide des prostituées de demeurer invisible, surtout quand ces personnes sont si peu nombreuses et qu’elles tiennent des propos tout à fait trompeurs sur ce que c’est réellement que d’être prostituée.

Je vais répondre aux arguments et aux opinions qu’elles répètent constamment, en vous prévenant que je trouve très difficile de ne pas me montrer cynique ou glisser dans l’humour noir, tant la majorité de ce qu’elles disent constitue un portrait complètement inversé de ce qu’est la prostitution.

Je tenterai aussi d’atténuer ma fureur, mon sentiment d’écœurement et mon envie de rigoler qui proviennent  d’un lieu de profonde douleur et de chagrin face à leurs arguments.

Mais au titre de femme sortie de ce milieu, je réagis avec choc, colère et désespoir que l’ECP soit même considéré comme suffisamment légitime partout dans les médias et dans la plupart des débats gauchistes sur la prostitution et comme « représentante » des femmes et des jeunes filles prostituées.

C’est comme si le Syndicat national des mineurs tombait sous la coupe de Margaret Thatcher… En effet, l’ECP est la voix des prostitueurs et des profiteurs de l’industrie du sexe ; c’est la voix qui a constamment trahi les femmes prostituées et qui passe sous silence toute la violence masculine infligée aux prostituées.

Par exemple, l’ECP répète constamment que la pauvreté est le seul facteur important à pousser les femmes à la prostitution.

Elles utilisent cela pour brosser un portrait qui limite la responsabilité de la prostitution au gouvernement actuel et à la récession en cours.

Elles refusent de discuter de la dimension nationale de la traite, ou de toute forme de traite non liée à la pauvreté, ou des violences sexuelles/mentales/physiques antérieures, ou aux pressions subies de la part des pairs ou de tout autre facteur extérieur à la seule pression économique pour amener les femmes vers l’industrie du sexe.

Elles ne semblent pas valider de lien entre la traite nationale et la prostitution d’adolescentes  ; elles affirment plutôt qu’il s’agit d’exploitation sexuelle d’enfants et que l’on ne devrait jamais y reconnaître de la prostitution.

Et cela même lorsque les filles sont recrutées dans la prostitution, payées pour être baisées par une foule d’inconnus. Même quand elles sont clairement sous le joug de proxénètes, l’ECP refuse que l’on parle de prostitution.

Bref, l’ECP s’en tient à une définition extrêmement étroite de la traite menant à la prostitution.

Habituellement, il s’agit d’un transit d’un pays pauvre vers un pays riche, et dans des conditions d’extrême violence mentale, sexuelle et physique à laquelle sont assujetties les femmes.

Cette image de la traite est si étroite qu’elle exclut énormément de femmes et de jeunes filles amenées par la traite à l’industrie du sexe.

Mais, même dans cette version étriquée de la traite, l’ECP ne parle pas dans une perspective de compassion ou d’empathie, mais s’en sert comme d’un outil pour attaquer tout projet de changement du statu quo dans l’industrie du sexe.

L’ECP affirme que la traite est rare et qu’elle est utilisée comme excuse pour chasser du pays d’accueil des immigrantes et des immigrants, dans une perspective raciste.

Il faut garder à l’esprit que l’ECP adore culpabiliser le public, ce qui fait souvent le succès de cet argument, même en l’absence de faits pour l’étayer.

Comme aucun gauchiste et aucun progressiste ne veulent être taxés de racistes, il suffit d’une suggestion à cet effet pour convaincre le public d’abandonner toute lucidité et tout esprit critique.

Qui a besoin de faits ou de preuves, lorsqu’il suffit de culpabiliser les gens ?

Un autre argument classique de l’ECP est d’ignorer totalement toute suggestion selon laquelle la cause et la racine des dommages causés aux prostituées est la violence masculine, en particulier la violence des prostitueurs.

L’ECP prétend que la violence masculine est rare, et que si les femmes prostituées avaient plus de contrôle, elles pourraient identifier les hommes dangereux et les rejeter.

Wow, sacré fantasme… – plus probablement la voix authentique des prostitueurs et des profiteurs de l’industrie du sexe.

Les prostitueurs veulent faire croire qu’ils sont respectueux envers les prostituées et qu’ils ne les violenteraient jamais.

Les prostitueurs mentent comme ils respirent.

La plupart d’entre eux savent qu’ils paient pour être aussi violents qu’ils le veulent sans subir de conséquences.

Les prostitueurs savent qu’ils sont des violeurs  ; ils sont conscients de ne pas se soucier du fait que les prostituées ne peuvent pas réellement consentir – ils s’en foutent complètement.

L’ECP prétend que les prostitueurs signaleraient les situations de traite des femmes et de prostitution de mineures s’ils ne craignaient pas d’être considérés comme des criminels.

Ha ! Voilà vraiment encore un fantasme tordu.

Les prostitueurs s’en foutent si les prostituées sont couvertes de blessures, si elles sont manifestement en état de dissociation, si elles ont une foule de traces de toxicomanie, si elles sont sous le contrôle d’un « pimp » ou si elles sont manifestement mineures.

Non, la plupart des prostitueurs sont ravis de baiser une prostituée qui est manifestement en difficulté, sans accès à des conditions de sécurité, ignorantes de la langue du pays, ou très jeunes, ce qui permet à l’homme de prétendre être le premier.

Les prostitueurs veulent ressentir ce pouvoir, ils veulent briser les prostituées, leur faire ce qu’ils aimeraient faire à « de vraies femmes », car tous les prostitueurs déshumanisent la prostituée pour en faire leur poupée porno.

C’est ce que l’ECP refuse que l’on voie et que l’on sache.

Personnellement, je déteste l’ECP et tout ce que ce groupe représente.

Il m’a fallu beaucoup expérimenter leur violence psychologique, leur  propagande en faveur de l’industrie du sexe et leur présentation des femmes sorties du milieu comme sous-humaines, pour que j’en arrive à ce lieu de haine.

L’ECP n’a rien d’innocent, car il facilite cette destruction des femmes prostituées ; il constitue une part importante du problème.

Tant que l’ECP relaie le discours des prostitueurs et des profiteurs sexuels, ce groupe permet que se poursuive le génocide des femmes prostituées.

C’est impardonnable.

Rebecca Mott 

Version originale : https://rebeccamott.net/2017/04/24/ecp-dont-do-debates/

Traduction: TRADFEM

https://tradfem.wordpress.com/2017/04/29/rebecca-mott-les-faux-debats-de-lenglish-collective-of-prostitutes/

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De l’auteure :

À propos de celles qu’on accuse de « ne pas être à la hauteur », rebecca-mott-a-propos-de-celles-quon-accuse-de-ne-pas-etre-a-la-hauteur/

Conséquences : rebecca-mott-consequences/

« Putophobe ! » rebecca-mott-putophobe/

Noël etc. : noel-etc/

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