Antisémitisme, islamophobie, négrophobie…

LA LUTTE CONTRE LE RACISME NE SE DIVISE PAS !

L’antisémitisme, ce racisme qui a traversé les âges et a conduit aux pires horreurs doit être combattu avec détermination, la progression des actes antisémites constatée est un signal d’alarme qu’il faut prendre au sérieux alors que des personnes ont été tuées, ces dernières années, parce que juives. La profanation de l’image de Simone Veil, le sinistre « JUDEN » peint sur une vitrine, l’arbre planté à la mémoire d’Ilan Halimi arraché et notre héros national Kilian MBPAPE traité d’enculé de nègre enjuivé laissent penser que les groupuscules de l’ultra droite raciste et antisémite viennent de gagner la visibilité qu’ils recherchaient depuis des semaines.

Ces tags insupportables démontrent qu’il ne faut jamais baisser la garde, qu’il faut tout mettre en œuvre pour que toute incitation à la haine raciale, toute propagande négationniste soient combattues et sanctionnées. En même temps, le fait que 93% des français estiment que rien ne peut excuser un acte ou une parole antisémite doit, nous amener à faire preuve de sang-froid.

Un consensus national est en train de se réaliser autour d’un appel des partis politiques à manifester mardi 19 février pour dire : « ça suffit, l’antisémitisme ce n’est pas la France » : belle réaction républicaine saluée de toutes parts sauf que cet unanimisme masque une réalité politique plus contrastée sur le terrain de la lutte anti raciste !

On ne peut pas continuer à appeler à faire barrage au Rassemblement National en pratiquant la grille de lecture de l’extrême droite, tenir des propos qui légitiment le racisme que l’on prétend combattre, banaliser la parole islamophobe, critiquer Salvini en refusant de faire accoster l’Aquarius et en organisant la chasse à l’homme noir à nos frontières, déformer la laïcité à des fins d’exclusion, instrumentaliser l’antisémitisme pour stigmatiser les gilets jaunes et faire taire la protestation, accuser d’antisémitisme ceux qui critiquent la politique israélienne à l’encontre les palestiniens, dévoyer les revendications sociales sur le terrain identitaire, être sur le terrain du racisme en essentialisant les roms, les arabes, les musulmans, les noirs, les asiatiques, discourir sur l’égalité républicaine en ignorant les contrôles au faciès, les discriminations racistes à l’emploi et au logement, s’indigner de façon sélective en ignorant que ces dernières semaines et ces derniers mois des tags ont aussi appelé à tuer les arabes, à mettre dehors les nègres, les bicots, les arabes, les bougnoules à mettre l’islam dehors.

Frantz Fanon dans Peau Noire Masques Blancs déclarait : Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous.

Une façon de dire que la lutte contre le racisme ne se divise pas ! Le combat contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme se mène de front sans hiérarchie, sans ambiguïté, sans instrumentalisation et en toutes circonstances.

Fabienne Haloui


À Paris, le 19 février, manifestation contre les actes antisémites, contre leur instrumentalisation, pour le combat contre toutes les formes de racisme 

Nous soussignés associations, partis, syndicats, indépendants, sommes toutes et tous activement impliqués dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes. La lutte contre l’antisémitisme fait partie à part entière de notre combat antiraciste. Nous condamnons fermement les actes antisémites, qui surgissent dans un contexte social et politique particuliers.

Malgré l’ampleur du dispositif de répression policière et judiciaire déployé contre les Gilets jaunes par l’État, le mouvement continue de bénéficier d’un fort soutien populaire. Il n’est pas homogène et révèle une effervescence sociale. Face à un gouvernement déterminé à ne pas répondre aux attentes sociales, il reflète la société française et ses contradictions et a largement évolué dans ce qu’il porte depuis le mois de novembre.

La séquence que nous vivons est par conséquent confuse. Si des éléments d’extrême-droite sont encore présents, le mouvement montre bien qu’ils sont loin d’être hégémoniques et capables d’en prendre le contrôle, en l’état actuel. Politiquement, mais aussi physiquement, les groupes d’extrême-droite sont mis à l’écart, comme cela a pu être constaté à Lyon, Paris, Toulouse ou encore Bordeaux. Plus le mouvement perdure, plus l’espace auquel l’extrême-droite pouvait prétendre durant les premières semaines semble se rétrécir.

Parallèlement, les contacts et convergences avec des syndicats, des collectifs antiracistes, de sans-papiers, de soutien aux migrants se renforcent.

Les tags antisémites du week-end du 9 Février comme la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi s’inscrivent dans le contexte de cette période de brouillage politique et informatif. Une période qui favorise la résurgence d’un racisme identitaire rappelant celui de l’entre-deux guerres. Ces actes antisémites portent bien la signature idéologique de l’extrême-droite nostalgique du nazisme (croix gammés, croix celtiques, « juden », etc.). Ils témoignent de la progression de la dialectique d’extrême droite à l’échelle nationale et planétaire dans un contexte d’aggravation des inégalités sociales. Or le gouvernement et ses alliés ont choisi d’instrumentaliser ces actes contre les Gilets jaunes, dénonçant leur supposée violence, antiparlementarisme et antisémitisme.

Pourtant, c’est bien ce gouvernement qui, récemment, entreprenait de réhabiliter le Maréchal Pétain, chef du régime collaborationniste de Vichy. C’est bien cette même classe politique qui trouvait si peu à redire des hommages rendus à Maurras ou à Céline, écrivains violemment antisémites. L’antisémitisme est une affaire bien trop grave pour la laisser à celles et ceux qui, jour après jour, s’emploient à stigmatiser et à réprimer les minorités. Le sommet du cynisme est atteint lorsque, déjà, nous pouvons percevoir le glissement dangereux consistant à attribuer la montée de l’antisémitisme au « communautarisme musulman », comme n’a pas manqué de s’y adonner un Eric Ciotti hélas pas isolé. Le racisme structurel n’est ni le fait des Gilets jaunes, ni le fait des minorités. Il est celui de l’État qui organise une société inégalitaire et violente.

Nous n’acceptons pas la manipulation dégradante de la lutte antiraciste par tous ceux qui, le plus souvent, ont favorisé le racisme. Nous luttons contre le racisme sous toutes ses formes, nous n’oublions pas non plus tous les actes racistes et toutes les violences policières islamophobes, négrophobes, rromophobes, visant les asiatiques, les personnes LGBT. Ce que disent les chiffres depuis des années tient en une phrase : le racisme avance en France et en Europe. Nous ne manifesterons pas ni ne participerons à la grand-messe organisée par les forces et partis politiques, ceux qui se disent progressistes avec ceux qui s’inscrivent contre le mouvement social, et qui affirment ensemble : « le racisme, ce n’est pas la France. » Cet « antiracisme », vidé de sens social et politique, est celui des pompiers pyromanes. L’antiracisme que nous revendiquons reconnaît la responsabilité politique du gouvernement français et des forces politiques alliées qui défileront avec lui. Manifester contre le racisme avec ceux qui, LREM en tête, en sont responsables et l’instrumentalisent relève pour nous de la contradiction et de la faute politique. Nous affirmons que cela ne peut être que contre-productif.

Nous ne nous laisserons pas prendre en otage entre les instrumentalisations du gouvernement ou celles des officines et ambassades poursuivant un agenda n’ayant rien à voir avec le combat contre le racisme et l’antisémitisme. Notre refus de la haine antisémite comme de toutes les haines raciales nous l’exprimerons sur un terrain dégagé de tout ce qui produit et entretient ces haines. Le mouvement anti-raciste ne servira pas de caution pour salir les Gilets jaunes. La période est dangereuse nous en sommes conscients, et une sortie de crise qui se contenterait de rétablir l’ordre, serait porteuse de conversion à la haine raciale et au fascisme. Les mobilisations exigent des réponses sociales et démocratiques. La responsabilité gouvernementale est totalement engagée.

Nous appelons à manifester contre les actes antisémites, contre leur instrumentalisation, contre le racisme sous toutes ses formes :

Mardi 19 février à 19h

Place Ménilmontant Paris 75020

Premiers signataires : UJFP, PIR, Collectif Rosa Parks, ATMF, FTCR, Femmes plurielles, Fondation Frantz Fanon, AFPS 63, AFPS Paris 14-6, AFPS Paris Sud, Action Antifasciste Paris-Banlieue, FUIQP, Argenteuil Solidarité Palestine, Comité Adama, CEDETIM/IPAM, AFD International, Urgence notre police assassine (UNPA), NPA, Le temps des lilas, Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture-REMCC, Brigade anti-négrophobie (BAN), Collectif La Chapelle Debout, FASTI, CRLDHT, UTAC, ATF, IDD, Association des Familles des Disparus et Prisonniers Sahraouis, Montreuil Palestine, Campagne BDS France, Marche des solidarités, Rassemblement Communiste, AMDH Paris/IdF

Personnalités : Ivar Ekeland (mathématicien), Ahmed Abbes (mathématicien), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Stathis Kouvelakis (philosophe), Julien Thery (historien), Maryse Tripier (sociologue), Véronique Bontemps (anthropologue), Gustave Massiah (économiste), Catherine Samary (économiste), Judith Bernard (metteure en scène), Dominique Grange (artiste chanteuse), Alain Gresh (journaliste), François Gèze (éditeur), Barbara Glowczewsky (anthropologue), Geneviève Sellier (professeur emerite), Patrick Simon (démographe), Nicolas Frize (compositeur), Yves Chilliard (biologiste), Michel Harris (mathématicien), Taoufiq Tahani (mathématicien, président d’honneur de l’AFPS), Ugo Palheta (sociologue et membre du NPA), Laurent Lévy (essayiste), Saïd Bouamama (sociologue, militant du FUIQP), Kader Attia (écrivain), Isabelle Cambourakis (éditrice), Alima Boumediene Thiery (avocate), Dominique Vidal (historien et journaliste), Olivier Le Cour Grandmaison (universitaire), Didier Epsztajn (animateur du blog « entre les lignes entre les mots »), Patrick Silberstein (médecin et éditeur), Alain Cyroulnik (éducateur syndicaliste), Philippe Cyroulnik (critique d’art), Bernard Dreano (militant associatif), Thierry Labica (études britanniques), Marie Hélène Bacqué (sociologue), Rony Brauman (médecin et enseignant), Hubert Krivine (physicien), Ron Naiweld (historien), Daniel Mermet (journaliste), Irène Jami (professeure d’histoire), Alain Bertho (anthropologue), Armelle Andro (démographe), Michel Maric (économiste), Julien Talpin (sociologue), Toni Negri (philosophe), Nacira Guénif (sociologue), Alexis Cukier (philosophe), Michelle Guerci (journaliste), Fabien Marcot (graphiste), Michaël Löwy (sociologue), Eric Hazan (éditeur), Eyal Sivan (cinéaste et professeur AHK), Christine Delphy (sociologue et militante féministe), José Luis Moraguès (psychologie clinique et psychopathologie, militant antiraciste ), Simone Bitton (cinéaste), Philippe Poutou (porte parole du NPA), Christine Poupin (porte parole du NPA), Olivier Besancenot (porte parole du NPA), Louis Weber (éditeur), Isabelle Garo (philosophe), Anne Jollet (historienne), François Burgat (politologue), Noé le Blanc (professeur lycée Paul Eluard de Saint-Denis), Eleni Varikas (professeure emérite), Noureddine Senoussi (président REMCC), Pierre Tripier (sociologue), Farid Bennaï (éducateur spécialisé, FUIQP), Christian Delarue (altermondialiste), Monira Mouhoun (enseignante, militante BDS Saint-Etienne), Gérard Bras (philosophe), Annick Coupe (secrétaire générale d’ATTAC), Aicha Knis (éducatrice et militante BDS), Julien Grivaux (mathématicien), Youssef Seddik (anthropologue)…

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