Présentation par Andrea Dworkin de son livre : la haine des femmes

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Avec l’aimable autorisation de M éditeur

Ce livre est un acte, un acte politique dont la révolution est l’objectif. Il n’a pas d’autre fonction. Ce n’est pas une quelconque sagesse cérébrale ou une foutaise universitaire, ou des idées gravées dans le granit ou destinées à l’immortalité. Il fait partie d’un processus et son contexte est le changement. Il fait partie d’un mouvement planétaire visant à refondre les us communautaires et la conscience humaine pour que les gens acquièrent le pouvoir sur leurs vies, participent entièrement à la communauté et vivent dans la dignité et la liberté.

La volonté de mettre fin à la domination masculine comme fondement réel psychologique, politique et culturel sur nos vies sur Terre est l’engagement révolutionnaire de base. C’est un engagement pour la transformation du soi et de la réalité sociale à tous les échelons. Le cœur de cet ouvrage est une analyse du sexisme comme système de domination masculine, ce qu’il est, comment il fonctionne sur nous et en nous. Je veux aussi aborder brièvement deux problèmes, tangents à cette analyse, mais néanmoins cruciaux à l’élaboration du programme et de la conscience révolutionnaires. Le premier est la nature du mouvement des femmes en tant que tel et le deuxième a à voir avec le travail de l’écrivain·e.

Jusqu’à l’apparition de la brillante anthologie Sisterhood Is Powerful et de l’extraordinaire ouvrage de Kate Millett, La politique du mâle, les femmes ne se percevaient pas comme une population opprimée. Il faut admettre que la plupart des femmes n’ont toujours pas cette conscience. Mais le mouvement des femmes, comme mouvement radical de libération des femmes en Amérique, date de la parution de ces deux livres. Nous apprenons, en nous réappropriant notre hystoire, qu’il y a eu un mouvement des femmes qui s’est mobilisé en vue d’atteindre le droit de vote pour les femmes. Nous apprenons que ces féministes étaient aussi d’ardentes abolitionnistes. Les femmes ont fait leur coming out à titre d’abolitionnistes – sortant des placards, des cuisines et des chambres à coucher pour investir des réunions publiques, des journaux et les rues. Les héroïnes militantes du mouvement abolitionniste ont été des femmes noires, Sojourner Truth et Harriet Tubman, et elles demeurent des prototypes de modèles révolutionnaires.

Ces premières féministes amérikaines considéraient le suffrage comme la clé d’une participation à la démocratie et que, libres et affranchies, les ex-esclaves seraient réellement libres et affranchies. Ces femmes n’imaginaient pas que le suffrage serait, dans les faits, refusé aux Noir·es au prétexte de tests en compétence linguistique, de critères de propriété et de mesures de répression policière par des Blancs racistes. Elles n’imaginaient pas non plus la doctrine des « distincts, mais égaux » et l’usage qui en serait fait.

Le féminisme et la lutte de libération des Noir·es étaient deux éléments d’un tout énergisant. Ce tout prit pour nom, de façon peut-être naïve, la lutte pour les droits humains. Une fois cette prise de conscience éclose, elle ne put être occultée. Dès que les femmes vécurent leur expérience en tant que militantes et qu’elles se mirent à comprendre la réalité et le sens de l’oppression, elles se mirent à articuler consciemment un féminisme politique. Leur cible, leur objectif concret furent d’obtenir le suffrage pour les femmes.

Le mouvement des femmes se donna une structure formelle en 1848, à Seneca Falls dans l’État de New York, lorsque Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott, toutes deux militantes abolitionnistes, organisèrent un congrès. Les congressistes rédigèrent la Déclaration de Seneca Falls des droits et des sentiments, qui demeure à ce jour un exceptionnel manifeste féministe.

Dans leur lutte pour le droit de vote, les femmes ont créé plusieurs des tactiques qui servirent, presque un siècle plus tard, au Mouvement pour les droits civiques. Pour changer les lois, les femmes ont dû les transgresser. Pour changer les règles, les femmes ont dû les transgresser. Les féministes (suffragettes) ont été des militantes politiques qui se sont servies des tactiques de la désobéissance civile pour atteindre leurs objectifs.

La lutte pour le vote débuta officiellement avec le congrès de Seneca Falls en 1848. Et ce n’est que le 26 août 1920 que les femmes se virent accorder le droit de vote [aux États-Unis] par un généreux électorat masculin. Les femmes n’imaginaient pas que le vote allait à peine affecter, a fortiori transformer leurs propres situations d’oppression. Elles n’imaginaient pas non plus que la doctrine de « séparés, mais égaux » allait émerger comme outil de la domination masculine ni les utilisations qu’on allait en faire.

Il y a aussi eu, toujours, des féministes individuelles – des femmes qui transgressaient les restrictions du rôle féminin, qui contestaient la suprématie masculine, qui luttaient pour le droit au travail salarié, ou à la liberté sexuelle, ou celui d’échapper au servage du contrat matrimonial. Ces personnes étaient souvent éloquentes lorsqu’elles parlaient de l’oppression qu’elles subissaient en tant que femmes dans leur propre vie, mais les autres femmes, bien rompues à leurs rôles, ont fait la sourde oreille.

Les féministes, le plus souvent à titre individuel, mais parfois en petits groupes militants, ont lutté contre le système qui les opprimait, l’ont analysé, ont été incarcérées et ostracisées, or il n’y eut pas de reconnaissance générale chez les femmes qu’elles étaient opprimées. Au cours des cinq ou six dernières années, cette reconnaissance est devenue plus répandue chez les femmes. Nous avons commencé à comprendre l’extraordinaire violence qui nous avait été faite, qui nous est faite : comment nos esprits sont-ils restreints dans leur développement par une éducation sexiste ; comment nos corps sont-ils violés par des impératifs oppressants d’apparence personnelle; comment la police nous entrave-t-elle dans les affaires de viols et d’agressions ; comment les médias, les écoles et les églises conspirent-ils pour nous priver de dignité et de liberté; comment la famille nucléaire et des comportements sexuels ritualisés nous emprisonnent-ils dans des attitudes et des rôles avilissants. Nous avons développé des groupes de conscientisation pour essayer de sonder l’extraordinaire étendue de notre désespoir, de repérer la profondeur et les limites de notre colère intériorisée, pour essayer de trouver des stratégies de libération des relations oppressives, du masochisme et de la passivité, de notre propre manque de respect de nous-mêmes. Ce processus a été pétri de douleur et d’extase. Des femmes se sont découvertes l’une l’autre, car jamais aucune population n’avait été aussi divisée et conquise. Les femmes ont commencé à tenir tête à des oppressions concrètes, à s’intégrer au processus économique, à effacer des lois discriminatoires, à prendre le contrôle de notre vie et de notre corps, à développer la capacité concrète de survivre à nos propres conditions. Des femmes ont aussi commencé à articuler des analyses de la société sexiste – Millett l’a fait avec La politique du mâle ; dans La politique vaginale, Ellen Frankfort a montré les préjugés complexes et meurtriers de l’establishment médical à l’endroit des femmes ; Phyllis Chesler a prouvé, dans Les femmes et la folie, que les institutions psychiatriques constituaient des prisons pour les femmes qui se rebellent contre leur rôle social bien défini.

Nous avons commencé à nous percevoir clairement, et ce que nous avons vu était terrible. Nous avons vu que nous étions, comme l’a écrit Yoko Ono, les « Nègres du monde », esclaves de l’esclave. Nous avons vu que nous étions les dernières Nègresses domestiques, lèche-cul, prostrées, traînant les pieds, stupéfiées. Nous avons reconnu tout notre comportement social comme des réflexes acquis qui nous ont permis de survivre dans un monde sexiste : nous nous sommes maquillées, avons souri, exposé nos jambes et nos fesses, avons eu des enfants, et entretenu la maison, comme autant d’accommodements à la réalité politique du pouvoir.

La plupart des femmes qui ont défini l’oppression des femmes étaient blanches et de classe moyenne. Nous avons dépensé, sans les avoir gagnées ou contrôlées, d’énormes sommes d’argent. De par notre participation au mode de vie de la classe moyenne, nous opprimions d’autres personnes : nos sœurs blanches défavorisées, nos sœurs noires, nos sœurs chicana – et les hommes qui à leur tour les opprimaient. Ce tissu d’oppressions étroitement imbriquées, qui est la structure de classe raciste de l’Amérike d’aujourd’hui, a garanti que, où que l’on se trouvât, c’était avec au moins un pied solidement appuyé sur le ventre d’un autre être humain.

En tant que femmes blanches de la classe moyenne, nous vivions dans la maison de notre oppresseur à toutes, qui nous entretenait comme il nous maltraitait, qui nous habillait alors qu’il nous exploitait, qui nous « chérissait » comme paiement des nombreuses fonctions que nous exercions.

Nous étions les mieux nourries, les mieux entretenues, les mieux habillées, les plus consentantes des concubines que le monde ait jamais connues. Nous n’avions pas de dignité et pas de liberté réelle, mais nous avons eu une bonne santé et une longue vie.

Le mouvement des femmes n’a pas porté attention à cette question matérielle de base, et c’est là son plus terrible échec. On a peu reconnu que détruire le mode de vie de la classe moyenne est primordial pour le développement de conditions communautaires décentes dans lesquelles tous et toutes peuvent être libres et avoir une dignité. Il n’existe certainement aucun programme pour faire face aux réalités du système de classes en Amérike. Au contraire, la majorité du mouvement des femmes a, dans une cécité effroyable, refusé de prendre ce genre de responsabilité. Seul le mouvement des garderies a quelque peu réfléchi aux besoins concrets des femmes de toutes les classes sociales et agi de façon pragmatique dans ce dossier. La colère exprimée contre l’administration Nixon pour avoir réduit les fonds destinés aux crèches a été pour le moins naïve. Étant donné la structure de la politique et du capital en Amérike, il est ridicule d’attendre du gouvernement central qu’il agisse dans l’intérêt du peuple. L’argent disponible pour les femmes de la classe moyenne, qui s’identifient en tant que féministes, doit être canalisé vers les programmes que nous voulons développer, et c’est nous qui devons les mettre sur pied. En général, les femmes de la classe moyenne ont absolument refusé de mener toute action ou de prendre tout engagement susceptible d’entraver, de menacer ou de modifier de manière significative un mode de vie, un niveau de vie, qui s’avère riche et privilégié.

Notre analyse du sexisme définit clairement ce qu’est l’oppression des femmes, comment elle fonctionne, comment elle est ancrée dans la psyché et la culture. Or, cette analyse est sans valeur si elle n’est pas liée à une conscience et à un engagement politique qui redéfiniront totalement la communauté. On ne peut pas être libre, jamais, dans un monde dépourvu de liberté. Et, dans le cadre d’une redéfinition de la famille, de l’Église, des relations de pouvoir, de toutes les institutions qui habitent et ordonnent notre vie, il n’y a pas moyen de s’accrocher au privilège et au confort. Tenter de le faire est destructeur, criminel et intolérable.

La nature de l’oppression des femmes est exceptionnelle : les femmes sont opprimées en tant que femmes, indépendamment de leur classe ou de leur race; certaines femmes ont accès à des richesses importantes, mais la richesse ne signifie pas le pouvoir ; on peut trouver des femmes partout, mais elles ne possèdent ou ne contrôlent aucun territoire palpable ; les femmes vivent avec ceux qui les oppriment, couchent avec eux, ont leurs enfants : nous sommes empêtrées, désespérément, semble-t-il, dans les rouages du système et du mode de vie qui nous ruinent. Et, ce qui est peut-être le plus important, la plupart des femmes ont peu de sens de la dignité, du respect de soi ou de la force, car ces qualités sont directement liées à une définition de la virilité. Dans Le suicide révolutionnaire, Huey P. Newton nous dit que les Black Panthers n’ont pas utilisé d’armes parce que ce sont des symboles de virilité, mais qu’ils ont trouvé le courage d’agir comme ils l’ont fait parce qu’ils étaient des hommes. Lorsque nous, les femmes, trouvons le courage de nous défendre, de prendre position contre la brutalité et les agressions, nous dérogeons à toutes les notions de féminité qui nous ont été enseignées. La voie de la liberté pour les femmes est nécessairement tortueuse pour cette seule raison.

L’analyse propre à ce livre s’applique aux situations de vie de toutes les femmes, mais toutes les femmes ne sont pas nécessairement dans un état d’urgence prioritaire en tant que femmes. Ce que je veux dire par là est simple. En tant que juive dans l’Allemagne nazie, je serais opprimée comme femme, mais chassée et massacrée en tant que juive. En tant qu’Amérindienne, je serais opprimée en tant que squaw, mais pourchassée et massacrée en tant qu’Amérindienne. Cette identité première, celle dont une partie de la définition est la mort, est l’identité d’urgence prioritaire. Il s’agit d’une reconnaissance importante, car elle nous soulage d’une grave confusion. Le fait, par exemple, que beaucoup de femmes noires (pas toutes, tant s’en faut) vivent leur urgence prioritaire en tant que Noires ne diminue en rien la responsabilité de la communauté noire d’assimiler cette analyse du sexisme ainsi que d’autres et de l’appliquer dans leur propre travail révolutionnaire.

En tant qu’écrivaine dotée d’un engagement révolutionnaire, je suis particulièrement attristée par les genres de livres que produisent les écrivain·es et par les raisons qui les poussent à le faire. Je veux que les écrivain·es écrivent des livres par engagement personnel envers le contenu de ces livres. Je veux que les écrivain·es fassent de leurs livres des gestes engagés. Je veux les voir écrire des livres qui inscrivent une différence dans la vie des gens et lui donnent même un sens. Je veux que les écrivain·es écrivent des livres qui valent la peine d’être emprisonné·es pour eux, de se battre pour eux et, si on en arrive là dans notre pays, qui valent la peine de mourir pour eux.

Mais la plupart des livres sont en Amérike des opérations commerciales. Les gens les écrivent pour gagner de l’argent, pour devenir célèbres, pour construire ou augmenter d’autres carrières. La plupart des Étatsunien·nes ne lisent pas de livres – leur préférant la télévision. Les universitaires enferment les livres dans un enchevêtrement de confusion et d’abstractions en semblant croire qu’il existe des idées, puis de l’art, puis, ailleurs, sans rapport, la vie. On semble croire qu’avoir une idée décente ou morale, c’est être une personne décente ou morale. En raison de cette étrange schizophrénie, les livres et leur rédaction sont devenus de la broderie sur un mode de vie en disparition. En raison du mépris pour le processus d’écriture, pour l’écriture comme moyen de découvrir du sens et de la vérité, et pour la lecture comme élément de ce processus, nous détruisons périodiquement les quelques écrivain·es important·es que nous possédons. On en fait des personnages de bande dessinée, on les saigne de toute intimité, de tout courage et bon sens, on les exorcise en se jouant de leur vision, on exige qu’iels divertissent ou qu’iels tombent dans l’oubli. Et il y a là une grande tragédie, car le travail de l’écrivain·e n’a jamais été plus important qu’il ne l’est maintenant en Amérike.

Plusieurs voient que, dans ce pays cauchemardesque, la langue a perdu toute signification et le travail de l’écrivain·e est ruiné. Plusieurs voient que le triomphe de la conscience autoritaire est sa capacité à rendre insensés les mots parlés et écrits – de sorte que nous ne pouvons plus parler ou nous entendre.

C’est le travail de l’écrivain·e que de reprendre la langue à ceux qui l’utilisent pour justifier le meurtre, le pillage, la violation. L’écrivain·e peut et doit faire le travail révolutionnaire d’utiliser les mots pour nous aider à communiquer, en tant que communauté.

Celles et ceux d’entre nous qui aiment lire et écrire croient qu’être écrivain·e est un mandat sacré. Cela signifie qu’il faut dire la vérité. Cela signifie être incorruptible. Cela signifie ne pas avoir peur et ne jamais mentir. Celles et ceux d’entre nous qui aiment lire et écrire ressentent beaucoup de douleur parce que beaucoup de gens qui écrivent des livres sont devenus des lâches, des clowns et des menteurs. Celles et ceux d’entre nous qui aiment lire et écrire commencent à ressentir un mépris mortel pour les livres, parce que nous voyons les écrivain·es être acheté·es et vendu·es sur le marché – nous les voyons fourguer leurs marchandises ternies à tous les coins de rue. Trop d’écrivain·es, fidèles à l’American Way of Life, vendraient leur mère pour quelques sous.

Respecter le mandat sacré de l’écrivain, c’est simplement respecter les gens et aimer la communauté. Violer ce mandat, c’est se faire violence et porter préjudice aux autres. Je crois que l’écrivain·e a une fonction cruciale dans la communauté, et une responsabilité absolue envers les gens. Je demande que ce livre soit jugé dans ce contexte.

Plus précisément, La haine des femmes a trait aux femmes et aux hommes, les rôles qu’ils jouent et la violence exercée entre elleux. Nous commençons par les contes de fées, les premiers scénarios de femmes et d’hommes qui façonnent notre psychisme, et qui nous sont enseignés avant que nous puissions apprendre autre chose. Nous passons ensuite à la pornographie, où nous trouvons les mêmes scénarios, explicitement sexuels et maintenant plus reconnaissables puisqu’ils nous décrivent – femmes charnelles et hommes héroïques. Nous passons à l’hystoire des femmes – pieds bandés en Chine, sorcières brûlées en Europe et en Amérike. On y voit le fonctionnement dans la réalité des contes de fées et des définitions pornographiques des femmes : l’anéantissement réel de vraies femmes – la réduction à néant de leur liberté, de leur volonté, de leurs les vies – la façon dont elles ont été contraintes de vivre et forcées de mourir. Nous voyons les dimensions du crime, les dimensions de l’oppression, de l’angoisse et de la misère – conséquence directe des définitions antagonistes des rôles qui situent les femmes comme charnelles, maléfiques et autres. Nous reconnaissons que c’est la structure sociale qui engendre la mort, les viols, la violence, et nous cherchons des alternatives, des moyens de détruire la société telle que nous la connaissons, de la reconstruire comme nous pouvons l’imaginer.

J’écris cependant avec un outil brisé, un langage qui est sexiste et profondément discriminatoire. J’essaie de faire valoir les distinctions, de ne pas parler de « l’histoire » (his story) comme étant l’ensemble de l’histoire humaine, de ne pas parler de « l’Homme » comme terme générique pour décrire l’espèce, de ne pas faire de la « virilité » un synonyme de courage, de dignité, et de force. Mais je n’ai pas réussi à réinventer la langue.

Ce travail n’a pas été fait dans l’isolement. Il doit beaucoup à d’autres personnes. Je remercie mes sœurs qui, partout, se dressent, pour elles-mêmes, contre l’oppression. Je remercie mes sœurs, les femmes qui sondent notre passé commun, en le consignant par écrit pour que nous puissions le connaître et en être fières. Je remercie mes sœurs, ces femmes uniques dont le travail a tant contribué à ma conscience et à ma résolution – Kate Millett, Robin Morgan, Shulamith Firestone, Judith Malina et Jill Johnston.

Je remercie également les autres personnes qui, grâce à leurs livres et leur vie, m’ont tant appris – en particulier Allen Ginsberg, James Baldwin, Daniel Berrigan, Jean Genet, Huey P. Newton, Julian Beck et Timothy Leary.

Je remercie mes amies à Amsterdam qui ont été ma famille durant la rédaction de ce livre et qui m’ont aidée dans des moments très difficiles.

Je remercie Mel Clay qui a cru en ce livre depuis ses débuts les plus obscurs, l’équipe de Suck et en particulier Susan Janssen, Deborah Rogers, Martin Duberman, et Elaine Markson qui a été merveilleuse à mon égard. Je remercie Marian Skedgell pour son aide et sa gentillesse. Je remercie Brian Murphy qui a essayé de me dire il y a longtemps que O était une personne opprimée. Le chapitre 3 est dédié à Brian.

Je remercie Karen Malpede et Garland Harris pour leur soutien et leur aide. Je remercie Joan Schenkar de m’avoir poussée un peu plus loin que je ne voulais ou ne pouvais aller.

Je remercie Grace Paley, Karl Bissinger, Kathleen Norris et Muriel Rukeyser. Sans leur amour et leur amitié, ce travail n’aurait jamais vu le jour. Sans leurs exemples de force et d’engagement, je ne sais pas qui je serais, ni comment.

Je remercie mon frère Mark et ma belle-sœur Carol pour leur amitié, leur chaleur et leur confiance. Et je remercie mes parents, Sylvia et Harry Dworkin, pour leur dévouement et leur soutien pendant toutes ces années, qui doivent leur avoir paru interminables, alors que leur fille apprenait son métier. Je les remercie de m’avoir élevée avec une réelle attention et tendresse, et d’avoir cru en moi pour que je puisse apprendre à croire en moi-même.

Note de l’éditeur : Œuvre de jeunesse, le premier essai d’Andrea Dworkin, La haine des femmes, a été publié en 1973. Il reflète certaines hypothèses initiales et certains partis pris du milieu libertaire dans lequel elle baignait alors, en particulier sur l’inceste et la sexualité des enfants ainsi que sur les animaux. Par la suite, Dworkin corrigera certains aspects de sa pensée tandis qu’elle en approfondira d’autres. Comme l’a souligné l’autrice dans son deuxième livre, Notre sang : « La haine des femmes a été écrit par une écrivaine plus jeune, ayant plus de témérité et d’espoir ».

Andrea Dworkin, New York, juillet 1973


Andrea Dworkin : La haine des femmes

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Martin Dufresne

Relecture de Yeun Lagadeuc-Ygouf et Christine Delphy

M éditeur, Saint-Joseph-du-Lac (Québec) 2021, 216 pages

http://m-editeur.info/la-haine-des-femmes/

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